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L’Etat Providence en Grèce, fondé il y a environ 70 ans, tente d’instaurer ce que l’on appelle «un filet de sécurité» pour l’ensemble de la population, y compris les malades, invalides et personnes âgées. La gestion du régime de la sécurité sociale relève du ministère de l’Emploi et des affaires sociales, de même que les allocations chômage et les allocations familiales. Le régime est financé par les cotisations des employeurs et des employés. La création de l’Organisme de sécurité sociale (IKA), qui remonte à 1934, constitue la première étape du système de prévoyance grec, qui représente un immense organisme composé de 331 centres administratifs et 364 dispensaires ou cliniques. Tous les assurés sociaux auprès de l’IKA (plus de 5.550.000, y compris les affiliés indirect), ont accès à des soins médicaux d’un niveau satisfaisant, ainsi qu’à une pension lors de leur retraite. La création de l’Organisme des Assurances agricoles (OGA), en 1961, a constitué une deuxième étape aussi importante que celle de l’IKA. L’OGA recouvre l’ensemble de la population rurale du pays. Il est bon de noter que, depuis 1975, l’Etat providence est garanti par la Constitution (v. Article 24 de la Constitution 1975/1986/2001). Au début des années 1980, l’Etat providence s’est étendu, malgré les problèmes économiques existants. Afin de freiner la dégénérescence de l’ancien système de santé, mais aussi l’augmentation du nombre de cabinets médicaux privés, le premier gouvernement du Mouvement socialiste panhellénique (PASOK) a mis en place le Système National de Santé (ESY). Conformément au premier article de la législation relative (Loi 1397/83), «l’Etat est tenu de fournir des services de protection médicale à tous les citoyens, quel que soit leur situation financière, sociale ou professionnelle,». Les objectifs principaux de l’ESY comprenaient : une distribution équitable des services de santé, une couverture suffisante pour tous les besoins, une amélioration de la qualité des services fournis et une régionalisation des services. La plupart des changements radicaux effectués dans le cadre du nouveau système se sont avérés spectaculaires. À titre d’exemple, le nombre de lits est passé de 32.000 en 1983 à plus de 52.000 aujourd’hui, tandis que les médecins – y compris les dentistes –dépassent le nombre de 54.000. Ainsi, une étude récente de l’Organisation mondiale de la santé a classé le système de santé grec au 14ème rang parmi 191 pays. Aussi encourageants que soient ces résultats, le gouvernement grec réalise des investissements importants dans le domaine des soins médicaux, comme cela apparaît au budget 2001 où la Santé bénéficie d’une importante impulsion avec une augmentation de l’ordre de 11,5%. Parallèlement, dans le but de remédier aux problèmes et aux dysfonctionnements du système, le gouvernement a décidé de procéder à une restructuration de l’ESY. Selon le projet en cours de réalisation, l’ESY est divisé en 17 annexes régionales indépendantes et autonomes appelées Systèmes régionaux de santé (PESY). Bien que l’on estime que le coût de leur mise en place pendant leur première année de fonctionnement (depuis le mois de juin 2001) dépassera 6,6 millions de drachmes, on table à long terme sur une épargne qui atteindrait 65 millions de drachmes d’ici 2006. On compte également sur une amélioration de la qualité des services suffisante pour décourager nombre de Grecs à recourir au secteur privé. En outre, pour améliorer le niveau d’ensemble des services médicaux, assurer un accès plus généralisé aux prestations et gérer les ressources du secteur de la santé, le ministère de l’Emploi et des affaires sociales met en œuvre un certain nombre de projets à l’aide de l’informatique et des télécommunications. Toutefois, les nouvelles données – la hausse de l’espérance de vie et la baisse des taux de natalité – posent de nouveaux problèmes au régime de sécurité sociale. Ces développements ont progressivement eu des incidences sur tous les grands organismes de sécurité sociale, en abaissant le niveau des prestations et en maintenant les retraites à de niveaux assez faibles, obligeant ainsi nombre de Grecs – ceux qui disposent de moyens financiers suffisants – à contracter une assurance (privée) complémentaire. En conséquence, la réforme du régime de sécurité sociale a été jugée indispensable. C’est dans ce but que le ministère de l‘Emploi et des affaires sociales a présenté un grand projet de réforme, pour 2002, dans ce domaine. |
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